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 Paroles de maçons


- D'où viens-tu ?
 - Des crevasses où réside l'or.
- Qu'y a-t-il de plus spendide que l'or ?
 - La lumière !

- Qu'y a-t-il de plus réconfortant que la lumière ?
 - La Parole.

Goethe

UN GRAND MAITRE A DIT DANS LE BAYARD

" Plus qu'une institution, la Franc-Maçonnerie est une méthode traditionnelle d'accès à la connaissance, et par elle à la liberté.
" Car la vraie liberté, celle de la conscience, s'acquiert par le travail et se concerve par la persévérance.
" Les Francs-Maçons ne sont ni des sages, ni des moralistes, ni des philosophes, ni des saints. Ils n'aspirent qu'à être pleinement et dignement des hommes. Ils sont profondément respectueux de la personne humaine et vénèrent la pensée créatrice. Ils combattent l'ignorance, la paresse, la contrainte et la violence sous toutes leurs formes.
" Ils ne prêchent que l'exemple et s'abstiennent de tout prosélytisme."

Transcrit par G.M.'. LPM.'.

Que ceux qui allument des cierges en plein midi pour te célébrer supportent ceux qui se contentent de la lumière de ton soleil... Qu'il soit égal de t'adorer dans un jargon formé dans une ancienne langue ou dans un jargon plus nouveau... Puissent tous les hommes se souvenir qu'ils sont frères ! Qu'ils aient en horreur la tyrannie exercée sur les âmes...

Voltaire

Quand le Maître fait apparaître l'homme,
Ce n'est plus la classe froide et banale,

C'est l'éducation qui commence,

Jules Ferry

 J'ai des jambes, et vous des yeux.
 Moi, je vais vous porter;
 Vous, vous serez mon guide:
 Vos yeux dirigeront mes pas mal assurés,
 Mes jambes, à leur tour, iront où vous voudrez.
 Ainsi sans que jamais notre amitié décide
 qui de nous deux remplit le plus utile emploi,
 Je marcherai pour vous, vous y verrez pour moi.

  Florian

 

La Chaîne d'Union d'un Maître, d'un Musicien, d'un Poète...

Face à l'étendue miroitante du lac sous le soleil de mars, besoin de s'isoler, de silence, de laisser l'harmonie de l'air, de la terre, du feu de l'astre à midi irisant la nappe de l'eau, lentement résonner, s'insinuer en soi, absorber les dissonances pour les résoudre, peu à peu, en une plénitude de lumière et de ferveur...

Alors que cette alchimie, lentement, s'est confondue à tout mon être, un groupe de jeunes gens bruyants, crachant, éructant, ont envahi la place, lacérant d'un brouhaha médiocre, sans y prêter garde, l'immence paix de cette quiétude traversée de bruissements d'ailes d'oiseaux... Impossible dès lors de ne pas laisser croître en soi cette pensée: l'homme toujours, partout, gâche tout, dégrade tout...

Mais voilà que s'éloignant du groupe, un jeune homme s'est avancé, s'est posé près de moi face au spectacle de la beauté offerte. Il a écarté ses bras et je l'ai distinctement entendu murmurer: "trop beau".

Que j'aimerais, à cet instant, jeune homme, tendre mes mains vers toi, les nouer aux tiennes et te dire, dans le silence partagé, ma confiance dans ta jeunesse capable de célébrer l'hymne à la splendeur, celle que nous offre à cet instant la nature, où chaque petite chose, chaque infinie brindille, chaque galet, chaque perle de chaque reflet joue son rôle dans la symphonie du monde.

Mais maintenant, mes frères, dans cette chaîne où se dissolvent les verrous pour laisser circuler l'énergie immémoriale, où se reconstitue le dernier cercle du Paradis de Dante, où vibre, diapason suprême, l'onde des lacs d'amour de nos sens rassemblés, je peux enfin le rejoindre, ce jeune homme, qu'un élan instinctif a poussé vers la beauté, et lui dire, à travers vous :

- "Unis de mains ou d'esprit, soyons la caisse de résonance de l'univers, demeurons-en les gardiens, humbles, toujours vigilants, faisons des proportions acquises notre Sagesse, des mystères révélés notre Force, de nos connaissances le chemin vers l'infinie Beauté. Tournons-nous, résolument vers la jeune pousse: celle qui se nomme en nous émerveillement, dont la flamme ne se tarit que si nous la laissons soumise aux quatre vents de l'indigence; celle enfin que toi, jeune homme, au bord de ce lac étincelant, tu m'as montré du doigt: même au sein du plus grand désordre, de la vulgarité ordinaire, réside toujours une possibilité de lumière à réanimer, réconforter, à encourager, et c'est là notre devoir de frère, d'homme, d'être humain, d'y veiller.  Là est notre dignité, et nos mains, nouées les unes aux autres, en forment le serment, l'écrin du joyau, le coeur battant dans l'unisson des âmes..."

Rompons la Chaîne, mes frères, en trois temps...

T.D..